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Sagesse face aux rumeurs, fake news et théories du complot

Mis à jour : mai 6

Nous passons du temps sur Internet, où les théories en tous genres vont bon train. Les médias les relaient : on en parle à la radio, à la télé, dans les journaux. Nos amis, nos familles les évoquent. Quelle attitude adopter ?



1°) Eviter de se délecter :


Je l'ai dit dans cet article expliquant pourquoi les théories du complot nous fascinent : nous aimons remettre en question les autorités, nous aimons avoir l'air intelligent en montrant que nous ne sommes pas dupes. Méfions-nous donc en premier lieu de nous-même, et évitons de nous délecter de ces rumeurs et théories en tous genres.

Dieu nous invite à nous délecter d'autres choses :


"Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées." Philippiens 4 :8 (la Bible, trad. Louis Segond 1910)

Cela participe de plus à donner un bon témoignage : que pensera-t-on de quelqu'un qui se délecte des rumeurs, théories du complot ou fake news, et qui se prétend être chrétien ?


2°) Eviter de relayer ces rumeurs :


Il est tentant d'aller lire les sites, les profils Facebook, les tweets qui relayent ces rumeurs. Nous donnons généralement comme prétexte : "Il faut bien s'informer", mais cela ne sert qu'à cacher le plaisir que nous avons à lire ces choses.

Les moteurs de recherche (comme Google) classent les sites non pas suivant leur pertinence (auquel cas on trouverait ceux relayant des théories fumeuses et des rumeurs très loin dans le classement), mais suivant leur popularité : plus un site est visité, plus il sera bien classé. Si donc, même pour "s'informer", nous allons lire les sites qui relayent ces rumeurs, nous contribuons à leur donner de la visibilité.


3°) Admettre qu'on ne sait pas :


Si on ne peut éviter une discussion sur des rumeurs ou des théories du complot, ayons la sagesse de dire qu'on ne sait pas, que pour le moment rien n'est avéré ou prouvé, et qu'il faut laisser aux experts le temps de faire leur travail.

Traditionnellement, en philosophie, reconnaître qu'on ne sait pas, c'est le début de la sagesse (#sagesse). C'est ainsi que Socrate, l'un des premiers philosophes connus, ayant vécu en Grèce antique au 6e siècle avant Jésus-Christ, disait :


"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien."

4°) Eviter les disputes :


Les discussions sur des rumeurs ou des théories du complot dégénèrent régulièrement en dispute. Il est plus sage de se retirer avant que la querelle n'éclate. L'énervement ne fait jamais progresser une discussion, et de plus, l'on risque d'avoir des mots qui dépassent nos pensées.

La Bible nous appelle à ne pas nous mêler aux disputes :


"Commencer une querelle, c'est ouvrir une digue ; avant que la dispute s'anime, retire-toi." Proverbes 17 : 14 (la Bible, trad. Louis Segond 1910)

5°) Veiller sur nos paroles :


Nous aurons à rendre compte de nos paroles. Déjà, pendant notre vie : si nous avons pris parti pour une rumeur ou une théorie du complot, qui s'est avérée fausse par la suite, ceux qui nous ont entendu ne se gêneront pas pour nous le faire remarquer.

Plus nous parlons, plus nous risquons de dire n'importe quoi. C'est pourquoi, il vaut mieux beaucoup écouter, peu parler, et mesurer ses paroles, en se demandant toujours : "dans quelques jours, serai-je encore fier d'avoir prononcé ces paroles ?"


"Si tu vois un homme irréfléchi dans ses paroles, il y a plus à espérer d'un insensé que de lui." Proverbes 29 : 20 (la Bible, trad. Louis Segond 1910)

Mais, en temps que professeure de philosophie, ne devrais-je pas plutôt encourager à répondre, à contre-argumenter, enfin : à faire éclater la vérité ? Les philosophes ne sont-ils pas justement ceux qui débattent, et qui devraient donc être sur le front, écrivant sur les réseaux sociaux, commentant les sites, prenant la parole à la télé, à la radio ? Ne pas répondre, n'est-ce pas abandonner le terrain à ces rumeurs et fake news ?

Il est vrai que les philosophes débattent sur des questions pour trouver la réponse la plus vraie. Mais pour qu'un véritable débat soit possible, il y a deux conditions :

- une écoute mutuelle, une prise en compte des arguments de l'interlocuteur,

- une volonté commune de faire émerger la vérité.

Or, il n'est pas sûr que ceux qui soutiennent les théories du complot ou les rumeurs ont la volonté sincère de chercher la vérité. Un des indices, c'est que quelqu'un cherchant sincèrement la vérité aura beaucoup de réticences à répandre des théories ou des rumeurs, c'est-à-dire des affirmations douteuses, non argumentées, non prouvées (#vérité).

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