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Pourquoi ne voulons-nous pas être protégés ?



Presque 10 00 décès en Ehpad. Colère bien compréhensible des familles face à l’absence de protection pour empêcher la propagation du virus. Mais quand le gouvernement annonce que les personnes fragiles devraient rester confinées même après le 11 mai, tollé général !

Ces réactions semblent contradictoires. Quel est le problème à vouloir protéger les personnes fragiles en leur demandant de rester confinées ? L'argument principal est que le confinement est difficile à cause de la solitude qu'il entraîne. Certes, mais face au risque d'attraper le virus, de faire une complication, et de mourir ?

L'enjeu est peut-être ailleurs. Pourquoi ne voulons-nous pas être protégés ?


Un aveu de faiblesse :


Accepter d’être protégé, c’est reconnaître qu’on a besoin de protection, parce qu’on est fragile. C’est donc reconnaître qu’on est faible. Et ça, c’est bien plus compliqué qu’on ne le pense. Pourquoi ?

Une mauvaise image de soi :


Le contraire de la faiblesse est la force. Cette dernière est puissance d’agir : je veux et je peux, je réalise ce que je veux, je satisfais moi-même mes besoins et mes désirs, en toute indépendance. Le mot "fort" vient du latin fortis, qui signifie courageux.

La faiblesse, par contre, est terriblement négative : passif, le faible subit. Il a besoin de l’autre, en dépend. La faiblesse est carence, manque, déficience (#faiblesse). On le voit : se reconnaître comme faible, fragile, c’est admettre une mauvaise image de soi.

De plus, se reconnaître comme faible et accepter qu’on nous aide, qu’on nous protège, c’est reconnaître un fort dans notre protecteur. Il y a donc une inégalité entre nous : je suis faible, il est fort ; je suis inférieur, il est supérieur.

La société méritocratique :


Notre société méritocratique ne facilite pas non plus les choses. L'idée que nous sommes tous égaux, entraîne l'idée que les inégalités ne peuvent être justifiées que si elles sont le fruit du mérite de chacun. Si vous avez une meilleure note que les autres élèves, c’est parce que vous avez mieux réussi l’exercice. Si vous avez un meilleur salaire que vos collègues, c’est parce que vous avez fait de plus longues études, que vous avez mené à bien un projet important, que vous avez plus travaillé.

Ce type de société introduit de la compétition entre les individus : seuls les plus forts l’emportent. Les faibles sont éliminés, comme dans le jeu Le maillon faible.


La pensée de la mort :


Se reconnaître comme faible, c'est enfin reconnaître qu'on court un risque. Dans le cas de l'épidémie de Covid-19, les personnes qui se reconnaissent comme étant fragiles (âgées, diabétiques, etc.), se confrontent par là-même à l'idée qu'elles risquent de mourir (#finitude). Et cette pensée est insupportable. L'être humain fait tout pour fuir l'idée de la mort, comme l'explique cet article (#divertissement).

C'est aussi pour cette raison qu'on minimise le danger, notamment avec les arguments qui comparent le Covid-19 à "une petite grippe"... en oubliant que la grippe tue aussi !


Personne n’a donc envie de se voir attribuer l’étiquette "Attention : fragile". On se croit toujours plus fort qu'on ne l'est. On s'illusionne. Mais l'illusion est peut-être plus complexe, car il se pourrait que ceux qu'on reconnaît comme forts ne le soient pas réellement. Et si être humain, c'était être faible ? Pour approfondir cette idée, voyez cet article !

La Bible affirme la faiblesse absolue de l'homme, face à la toute-puissance de Dieu. Pourtant, l'homme peut trouver la force. Pour savoir comment, lisez cet article !

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