• Anne Lemétayer

Les deux faces du racisme

Ces derniers jours ont vu l'émergence de multiples manifestations anti-racisme dans plusieurs pays. On s'interroge : pourquoi le racisme perdure encore de nos jours, alors qu'il est définitivement prouvé qu'il n'y a pas de races biologiques humaines ? Pour le comprendre, et combattre efficacement le racisme, il faut prendre conscience que le racisme a deux faces.



La base pseudo-scientifique du racisme :


La première face du racisme est cognitive : elle concerne le raisonnement. En effet, le racisme est la croyance qu'il existe des races humaines, bien distinguables au niveau physique, mais aussi au niveau du comportement, de l'intelligence, de la morale. A cette croyance en une division naturelle de l'humanité en races, s'ajoute la croyance que ces races sont hiérarchisées : certaines sont inférieures à d'autres. Cette infériorité justifie une inégalité de traitement politique, social, économique.

Pour faire de cette croyance un savoir, les racistes tentent de lui donner une base scientifique. C'est du côté de la biologie, et plus particulièrement de la génétique, qu'ils se tournent. Les gènes ne transmettraient pas uniquement une certaine couleur de peau : ils transmettraient aussi un certain degré d'intelligence, de morale, etc. Ainsi, être noir de peau impliquerait également d'être moins intelligent, etc.

Du point de vue scientifique, ceci est une erreur. Si la couleur de la peau, des yeux, des cheveux, est effectivement une donnée génétique, naturelle, ce qui relève de l'intelligence, des valeurs morales, est une question d'éducation, une question culturelle. Il n'y a donc aucune race biologique humaine.


La face affective :


Si le racisme avait seulement pour cause cette erreur, alors il serait assez simple de lutter contre. Il suffirait de prouver aux personnes racistes qu'elles font une erreur de raisonnement. Les personnes racistes cesseraient alors de l'être.

Mais, malgré la réfutation apportée à cette idée, le racisme demeure une réalité dans nos sociétés. D'ailleurs, le racisme existait bien avant que la science biologique, génétique, voie le jour. Il n'y a donc pas qu'un côté cognitif au racisme : il relève aussi des affects. Quels pourraient être alors les fondements affectifs qui mènent au racisme ? Cet article apporte un début d'explication.


Ce qui est / ce qui doit être :


Terminons cet article en soulignant que si la science apporte une justification factuelle, elle n'apporte pas de justification morale. Imaginons un instant que la science ait donné raison aux racistes : effectivement, on constate l'existence de races humaines, effectivement, certaines sont inférieures par l'intelligence, l'art ou autre. Cela relève des faits.

Mais ça ne nous apprend rien quant à nos devoirs ! Quand bien même il existerait des races hiérarchisées, cela ne justifie pas qu'on méprise, maltraite, les races que l'on juge inférieures. Ce qui est, ne nous dit pas ce qui doit être, quel doit être notre comportement. Le racisme est donc une attitude délibérée de méchanceté, de mépris, d'irrespect, voire de violence. Cette attitude n'a rien à voir avec l'existence de races hiérarchisées. En effet, ces races pourraient exister, et nous pourrions décider de toutes les traiter à égalité, de donner les mêmes droits à tous, etc.

Abonnez-vous à notre newsletter

© 2020 par Anne Lemétayer. Créé avec Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now