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La promesse : un phare dans la nuit

Lorsque nous promettons, nous nous engageons à faire une action dans un avenir que nous ne connaissons pas, et que nous ne maîtrisons pas. Cela semble paradoxal. Mais si c'était justement la raison d'être des promesses ?



La promesse sécurise l'avenir :


Il semble étrange de s'engager à faire quelque chose, alors que nous ne savons pas ce qui va arriver, et que nous ne pouvons contrôler les événements futurs. Mais justement : si nous connaissions l'avenir et que nous pouvions le contrôler, à quoi nous servirait-il encore de promettre ? Nous saurions que nous allons aimer cette personne toute notre vie, et il ne servirait donc à rien de le promettre.

Mais voilà : l'avenir est incertain, inconnu. Cette imprévisibilité nous angoisse.


"Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses. [...] se lier par des promesses, sert à disposer, dans cet océan d’incertitude qu’est l’avenir, des îlots de sécurité sans lesquels aucune continuité, aucune durée, ne serait possible dans les relations des hommes entre eux." Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne (1958)

Pour rendre l'avenir plus connu, plus certain, pour nous rassurer en somme, nous faisons des promesses, qui sont comme la lumière d'un phare dans la nuit. Nous savons un peu où nous allons, nous savons un peu ce qui nous attend.


Les promesses divines :


Mais si les promesses sont une réaction humaine pour pallier à des faiblesses humaines (temporalité, ignorance), comment comprendre les promesses divines ? En effet, Dieu est éternel. Être éternel, cela signifie avoir toujours été et être pour toujours. Il n'y a pas de passé ou de futur pour Dieu. L'éternité n'est pas un présent qui dure toujours : l'éternité est hors du temps. Ça n'est pas du temps.

De plus, non seulement Dieu est éternel, mais il est aussi tout-puissant : il contrôle l'avenir.

Si Dieu fait des promesses, c'est donc sans doute par compassion pour l'homme. Mais les promesses divines sont radicalement différentes des promesses humaines.

On pourrait dire : certes, Dieu connaît l'avenir et il le contrôle, mais cela ne l'empêche pas de mentir aux hommes, de faire de fausses promesses. Mais cela est impossible, pour deux raisons principales.

Premièrement, Dieu est parfait. Or, comme le dit Descartes (#Descartes), tromper ou mentir sont des imperfections, des signes de faiblesse. Donc Dieu ne peut pas être menteur.

Mais, surtout, la parole divine est très différente de la parole humaine. La parole humaine n'est pas une action, elle est une description. Par là-même, l'homme peut dire ce qui n'est pas : il peut mentir.

Mais Dieu n'a pas la parole : il est la parole.


"Car il dit, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe." Psaume 33 : 9 (la Bible, trad. Louis Segond 1910)

Comme le montre le premier chapitre de la Genèse, qui raconte la création du monde : "Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut." Et encore, le début de l'évangile de Jean, qui lui fait écho : "Au commencement était la Parole", traduit aussi par "le Verbe" (en grec : logos, un mot riche de sens).

Ainsi, quand Dieu dit quelque chose, cette chose se réalise nécessairement. Parler revient à agir. Quand il promet, sa promesse se réalise donc forcément ! Ce n'est pas comme le phare clignotant des promesses humaines, mais plutôt comme le lever du soleil.


Une dernière caractéristique de Dieu distingue les promesses divines des promesses humaines : Dieu est immuable, il ne change pas. Tandis que, comme nous l'avons souligné dans cet article, l'être humain change, et cela pose problème pour les promesses : je ne suis plus aujourd'hui la même personne que lorsque j'ai promis. Suis-je encore lié par ma promesse ? Réflexion à suivre dans cet article !

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