• Philosophe chrétienne

La chute, une question de foi ?

Pourquoi Adam et Eve ont-ils désobéi à Dieu en mangeant du fruit défendu ? Ils avaient tout ce qu'on peut souhaiter ! Est-ce par orgueil, parce qu'ils voulaient être comme Dieu ? Ou bien y a-t-il une autre raison ?



Récemment amenée à relire le chapitre 3 de la Genèse (qui raconte la chute), je me suis demandée ce qui s'était réellement joué dans ce récit dramatique.


Péché d'orgueil ?


Pourquoi Adam et Eve ont-ils désobéi ? Dieu les a placés dans le jardin d'Eden, ils avaient tout à profusion, ils vivaient en harmonie et jouissaient de la présence divine. Pourquoi tout gâcher en mangeant du fruit défendu, celui de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ?

Une interprétation traditionnelle, suggérée par le texte, est qu'ils ont désobéi poussés par l'orgueil. Le serpent leur promet en effet qu'en mangeant du fruit, ils seront comme Dieu, ils connaîtront le bien et le mal. Ils se placent dont en rivaux de Dieu, oubliant leur statut de créatures.

Si cette interprétation est correcte, elle entraîne cependant une question : comment cet argument a pu faire mouche ? En effet, Adam et Eve sont créés à l'image de Dieu ! Ne sont-ils pas déjà comme Dieu ?


L'ère du soupçon :


Pour que l'argument "vous serez comme Dieu" ait un impact, il faut qu'il soit précédé d'un autre argument. Ou plutôt, d'un soupçon : Dieu aurait-il menti ? Dieu a prévenu Adam : "tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras". L'interdit sonne comme une protection : dans sa bonté, Dieu prévient et protège. C'est un acte de bienveillance.

Mais le serpent suggère le contraire : "vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme Dieu". Ainsi, l'interdiction divine serait motivée par la volonté d'écraser l'être humain, de l'empêcher de s'épanouir, de développer tout son potentiel ; la volonté de le rabaisser, de le tenir soumis, inférieur. Dieu serait malveillant.


Le manque de foi, racine de tout péché :


Il est intéressant de remarquer que tant que le serpent n'apparaît pas, l'homme ne semble pas vouloir désobéir. Combien de temps s'est-il écoulé entre l'interdit divin et l'apparition du serpent ? La Bible ne le dit pas. Des jours ? Des semaines ? Des mois ? En tout cas, nulle velléité de désobéissance n'est sous-entendue. La Bible ne dit pas, par exemple, que l'humain regardait souvent ce fruit défendu avec envie, mais se résistait à la tentation. Il faut attendre l'arrivée du serpent, il faut attendre son soupçon, pour que l'homme soit tenté de désobéir.

Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'avant l'arrivée du serpent, l'homme avait foi en Dieu. Le mot foi vient du latin fides, qui a donné confiance, fidélité... La foi, c'est tout simplement avoir confiance. Tant qu'on a confiance, tant qu'on ne doute pas de la personne, de sa parole, on demeure fidèle. Dès que le doute s'instille, la foi se fissure, la fidélité vacille : pourquoi serais-je fidèle à quelqu'un qui me ment, qui me trompe ?

Ce que nous apprend ce texte, c'est qu'à la racine de tout péché, il y a le manque de foi.

Cela donne, il me semble, un nouvel éclairage à tous les versets insistant sur le fait qu'on est sauvé par la foi.

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