• Anne Lemétayer

FIV : vers une société eugéniste ?

Mis à jour : avr. 15

La FIV permet de sélectionner quel enfant va naître. Une bonne action pour éviter de mettre au monde des personnes qui souffriront de handicaps, de maladies ou de malformations ? ou une voie royale vers un eugénisme de masse ?



Quels critères de sélection des embryons ?


Lorsqu'on a recourt à une FIV (en France dans le cadre de la PMA), on féconde plusieurs ovules en laboratoire. On obtient donc plusieurs embryons, mais on ne les réimplante pas tous dans le ventre de la mère. On va choisir quel embryon on veut voir naître. Quels sont les critères de sélection ?

En France, il y a une centaine de critères médicaux : on va vérifier si l'embryon n'a pas de graves maladies, handicaps ou malformations qu'on peut détecter dans ses gènes. En Grande-Bretagne, il y a cinq fois plus de critères... médicaux également.

Dans un documentaire Arte, daté de 2017 et titré "Bébés sur mesure", le professeur Carlos Simon, directeur de recherche dans la société espagnole Igenomix, explique qu'il n'y a rien de beau à faire naître un enfant qui va être malade et mourir, ou être malade et dépendre de ses parents toute sa vie. Les médecins, selon lui, sont là pour corriger la nature qui n'est pas parfaite.

Corriger la nature, empêcher les handicaps, malformations, maladies, voilà qui semble être une bonne action ! Mais où placer la frontière ? Par exemple : faut-il mettre dans les critères médicaux le fait d'être myope ? Allergique au pollen ou au gluten ? Le fait de naître avec trois doigts au lieu de cinq ? Et que penser de ceux qui choisissent les embryons sur des critères esthétiques, tels que la couleur des yeux, des cheveux ? S'agit-il toujours de corriger la nature ?


Une société eugéniste :


L'eugénisme, c'est lorsqu'on favorise la reproduction d'individus jugés désirables, et qu'on empêche la reproduction d'individus jugés indésirables (#eugénisme). Dit comme cela, la plupart d'entre nous sommes choqués. Mais en réalité, des pratiques eugénistes existent depuis toujours dans l'humanité, et se développent à grande échelle de nos jours sans que personne n'y trouve rien à redire. Par exemple, en France, en 2015, 77% des embryons chez lesquels on a détecté une forte probabilité de trisomie 21 ont été avortés. Pourtant, la trisomie n'est pas toujours synonyme de souffrance pour la personne et sa famille.

Cela est révélateur de la façon dont nous considérons les personnes handicapées ou mal-formées, anormales avons-nous tendance à dire (#handicap).


Une société uniforme :


Ne nous y trompons pas : les critères que choisiront les gens, s'ils peuvent avoir accès à la FIV, seront tous les mêmes, et ne seront pas purement médicaux. Les gens voudront pouvoir choisir jusque dans les détails le bébé à naître. Or il y a des canons de beauté internationaux : la peau blanche (ou la plus pâle possible), les yeux bleus (ou les plus clairs possibles), être grand, mince, avoir dix doigts à chaque main, peu de grains de beauté, etc. Ce qui produira des sociétés uniformes, qui auront plus de mal à accepter la différence.


Une société individualiste :


Enfin, la FIV, si elle est permise à grande échelle et sans limite de critères, fera disparaître la solidarité. Par exemple, si vous pouvez avoir accès à la FIV et choisir l'embryon à naître, et que vous ne tenez pas compte de la myopie, pourquoi la société devrait-elle payer pour les soins ophtalmologiques de votre enfant, pour ses lunettes, alors que vous auriez pu ne pas faire naître cet enfant ?


Il s'agit pour nous de décider dans quelle société nous voulons vivre, non pas demain, ou dans cinquante ans, mais aujourd'hui.


Et Dieu dans tout ça ?


Dieu fait-il des distinctions entre les personnes handicapées et les autres ? Est-il aussi d'avis qu'il est indésirable que les personnes handicapées naissent ? Pour le savoir, cliquez ici !

Abonnez-vous à notre newsletter

© 2020 par Anne Lemétayer. Créé avec Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now