• Philosophe chrétienne

Au creux du rocher

Face à Dieu, le fort par excellence, nous sommes absolument faibles. Mais Dieu nous place au creux du rocher.



Dieu, le fort par excellence :


La Bible insiste à de nombreuses reprises sur la faiblesse constitutive de l'homme. Par exemple dans ce texte, Salomon, l'un des hommes les plus sages qui aient existé (dont parle cet article), reprend une phrase bien connue de la Genèse :


"Tout va dans un même lieu, tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière." Ecclésiaste 5 : 20 (la Bible, trad. Louis Segond 1910)

De plus, face à Dieu, le fort par excellence, le fort absolu, l'être humain est absolument faible. Même toute la force des humains cumulée n'est que faiblesse face à Dieu (#faiblesse). Se croire fort, est donc une triple illusion :

- d'abord par rapport à notre finitude (#finitude),

- ensuite par rapport aux autres et aux circonstances (on est toujours plus fort qu'un tel et moins fort qu'un autre, on n'est jamais fort entièrement et définitivement),

- enfin par rapport à Dieu.


Dieu nous place au creux du rocher :


Dieu, le fort par excellence, nous apprend ce qu'est être fort. Dans Exode 33, la Bible nous relate une histoire étonnante. Moïse réclame à Dieu de voir sa gloire. Dieu lui répond : "nul homme ne peut me voir et vivre". Fin de non recevoir ? Pas du tout !

Dieu décide d'accéder en partie à la requête de Moïse : il place Moïse au creux d'un rocher, il le couvre de sa main et passe devant lui. Quand il enlève sa main, Moïse peut voir Dieu de dos.

Ce passage est également symbolique. Le rocher représente Dieu lui-même, souvent appelé roc ou rocher dans la Bible. Le rocher fait un creux pour laisser de la place à l'homme. Le rocher pourrait écraser l'homme, plus faible que lui. Mais il accueille sa faiblesse et lui prête sa force.

Dieu est infini, parfait, tout-puissant, autosuffisant. Pourtant, c'est comme si cet infini s'était rétracté, avait laissé un vide, une place, pour que la terre, les cieux et tout ce qui s'y trouve puisse exister.

Un autre passage de la Bible nous amène à cette idée. Dieu est souvent présenté comme Père. Mais il y a un psaume où il est présenté comme une mère.


"J'ai l'âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère ; j'ai l'âme comme un enfant sevré." Psaume 131 : 2 (la Bible, trad. Louis Segond 1910)

Le sevrage, c'est quand l'enfant, en symbiose avec sa mère, doit apprendre à se détacher d'elle. Il réalise que la force de la mère n'est pas la sienne. Il réalise qu'il est faible. Mais la mère ne lui retire pas sa force : elle est toujours là, toute prête pour lui. Mais elle se retire pour le laisser exister, en tant qu'individu distinct d'elle.


L'homme fort de la force de Dieu :


L'homme au creux du rocher n'est pas le rocher. S'il est fort, c'est parce que le rocher est fort.

L'homme qui fait de Dieu sa force, est fort. Mais l'homme qui fait de sa force un dieu, est faible. La Bible nous appelle à plusieurs reprises à ne pas compter sur notre force, qui est illusoire, mais à compter sur Dieu. Cela implique de reconnaître notre faiblesse, ce qui n'est pas facile, comme nous l'apprend cet article, mais ce qui est nécessaire.


Reconnaître sa faiblesse, commencement de la sagesse :


Tant que je crois être fort, que je crois pouvoir me sauver moi-même, me débrouiller seul, je me condamne à demeurer dans ma faiblesse. Si je reconnais ma faiblesse, alors surgit la possibilité d'en sortir. L'homme ne peut rien faire pour se sauver lui-même. Mais Dieu vient à son secours, en lui offrant le salut, alors que c'est contre lui que l'homme a péché !

Reconnaître sa faiblesse, c'est faire preuve d'humilité. Ce n'est pas se dévaloriser, avoir une mauvaise estime de soi, comme expliqué dans cet article. C'est se voir tel qu'on est. C'est le commencement de la sagesse (#sagesse).

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